« Le seul véritable voyage, le seul bain de Jouvence, ce ne serait pas d’aller vers de nouveaux paysages, mais d’avoir d’autres yeux. »
— Marcel Proust, La Prisonnière
Une relation qui nous ramène toujours au même endroit. Une difficulté à prendre notre place. Une réaction que l’on ne s’explique pas vraiment. La sensation parfois de porter quelque chose qui ne nous appartient pas complètement.
On peut avoir beaucoup réfléchi, analysé, parlé… et pourtant sentir que quelque chose reste là.
C’est souvent à cet endroit que la constellation devient intéressante.
Les Neuro-Constellations, mises au point par Éric Laudière et Adeline Roussel-Laudière, associent le travail des constellations familiales et systémiques à une attention particulière portée au corps, au ressenti et au système nerveux.
Mais plutôt que de vous en donner une définition compliquée, le plus simple est peut-être de vous raconter ce qui peut se passer lorsque l’on entre dans une constellation.
On ne vient pas forcément chercher là où l’on trouve
Une personne arrive avec une question, une difficulté ou simplement quelque chose qui la travaille. Cela peut concerner une relation, une place dans la famille, une situation qui semble se répéter ou, parfois, quelque chose de beaucoup moins précis : cette impression qu’un nœud existe quelque part sans que l’on sache encore vraiment le nommer.
Des personnes du groupe peuvent être choisies comme représentants. Elles prennent place dans l’espace et, pendant quelques instants, il ne se passe parfois presque rien.
Puis un mouvement apparaît.
Un représentant éprouve le besoin de reculer. Un autre se sent attiré vers quelqu’un. Une respiration change, un regard devient difficile à soutenir, une émotion surgit ou une sensation corporelle se fait plus présente.
Petit à petit, quelque chose prend forme.
Pas forcément une explication. Pas forcément une réponse toute faite. Plutôt une autre manière de regarder ce qui se joue.
Et c’est souvent là que l’expérience devient surprenante : ce qui se passe ne concerne pas uniquement la personne qui a demandé sa constellation.
Même assis dans le groupe, quelque chose peut vous toucher
Vous pouvez venir sans intention de faire votre propre constellation. Vous pouvez ne représenter personne et pourtant vous sentir concerné par ce qui se déroule.
Une phrase peut vous atteindre. Un mouvement peut faire écho à une situation que vous connaissez. Une histoire qui, en apparence, n’a rien à voir avec la vôtre peut soudain ouvrir une porte intérieure que vous n’aviez pas remarquée.
C’est aussi ce qui fait la richesse du travail en groupe.
Il y a la constellation de l’un, et puis il y a tout ce qu’elle vient parfois réveiller, éclairer ou questionner chez les autres.
On peut donc participer pleinement sans jamais passer « au centre ». Parfois, on repart simplement avec une sensation différente, une compréhension, une question nouvelle ou cette petite phrase intérieure :
« Tiens… je n’avais jamais regardé les choses comme ça. »
Une constellation n’est pas une vérité sur votre famille
Ce point est essentiel.
Ce qui apparaît au cours d’une constellation n’est pas présenté comme une preuve historique ni comme une certitude sur ce qui aurait réellement eu lieu dans une famille.
Une sensation, un mouvement ou une émotion peuvent être intéressants à explorer, mais ils ne deviennent pas pour autant une vérité à imposer.
Nous préférons garder de la place pour le discernement.
La constellation ouvre un espace dans lequel une situation peut être vue, ressentie et expérimentée autrement. Elle peut faire émerger un éclairage ou une possibilité nouvelle, sans fabriquer une histoire lorsque nous ne savons pas.
La personne qui constelle reste actrice de ce qu’elle vit et de ce qu’elle choisit d’en faire.
Et le corps, là-dedans ?
Il a beaucoup à dire.
Nous avons souvent l’habitude de chercher les réponses avec notre tête : pourquoi je fais cela ? D’où cela vient-il ? Qu’est-ce que je devrais comprendre ?
Pendant une Neuro-Constellation familiale, nous allons aussi regarder ce qui se passe dans le corps.
Une gorge qui se serre. L’envie de s’éloigner. Une respiration qui devient plus libre. Une sensation de poids. Un mouvement que l’on aurait envie de faire sans vraiment savoir pourquoi.
Parfois, le corps perçoit quelque chose avant que nous sachions le mettre en mots. Le corps n’oublie RIEN.
C’est notamment ce que l’on appelle le felt sense : un ressenti intérieur, parfois subtil ou encore flou, qui peut devenir une information précieuse lorsqu’on lui laisse suffisamment de place.
Il ne s’agit pas de lui faire dire quelque chose à tout prix. Une tension ne possède pas automatiquement une signification cachée et chaque mouvement n’a pas besoin d’être interprété.
Nous commençons simplement par écouter ce qui est là.
Pourquoi le système nerveux a-t-il sa place dans les Neuro-Constellations ?
Parce qu’une expérience peut être profonde sans avoir besoin d’être brutale.
Pendant une constellation, nous sommes attentifs non seulement à ce qui se joue dans le système familial ou relationnel, mais également à la façon dont la personne vit ce qui se passe.
Peut-elle encore être présente à l’expérience ? A-t-elle besoin de temps ? D’un peu plus de distance ? De retrouver ses appuis ? De respirer avant de continuer ?
Nous nous inspirons notamment de certains repères issus de la théorie polyvagale pour soutenir cette attention portée au système nerveux et à la régulation.
Ces repères ne servent pas à enfermer quelqu’un dans une catégorie ni à expliquer définitivement ce qu’il vit. Ils nous aident plutôt à nous poser une question simple : le rythme est-il encore juste ?
Lorsqu’une activation devient trop importante, ralentir peut être beaucoup plus intéressant que poursuivre coûte que coûte.
Revenir au corps, sentir ses pieds au sol, regarder autour de soi, retrouver une respiration plus libre et laisser l’expérience se déposer font pleinement partie du travail.
Pour nous, une expérience n’a pas besoin d’être spectaculaire pour être profonde.
La sécurité passe avant l’intensité. Rien ne peut évoluer si on est en zone de panique, de non-sécurité. L’hypervigilance nous emmène en mode survie.
Et si je ne ressens rien ?
Ou et si je sens que je ne ressens rien ? Alors, je sens déjà quelque chose ?
Oui ! Dans ce cas-là, sentir qu’on ne ressent rien, c’est déjà sentir quelque chose !
Et c’est très bien aussi.
Il n’existe pas une bonne manière de vivre une constellation.
Certaines personnes ressentent beaucoup. D’autres observent davantage. Certaines mettent immédiatement des mots sur leur expérience, tandis que d’autres comprennent seulement quelques jours plus tard pourquoi une phrase, une image ou un mouvement les a touchées.
Et parfois, il ne se passe rien de spectaculaire.
Nous ne cherchons pas à fabriquer une émotion ni à provoquer une réaction.
Vous pouvez dire non, demander à ralentir, sortir d’un rôle ou simplement avoir besoin d’un moment.
Vous restez libre de ce que vous vivez et de ce que vous en faites.
Pourquoi sommes-nous deux pour vous accompagner ?
JC & Nat accompagnent les Neuro-Constellations ensemble.
Cette présence à deux nous permet de rester attentifs à plusieurs dimensions de l’expérience en même temps.
Pendant que l’un conduit plus directement une constellation, l’autre peut porter son attention sur la personne qui travaille, sur les représentants ou sur ce qui se passe plus discrètement dans le groupe. Puis les rôles peuvent s’inverser naturellement.
Nous travaillons avec deux sensibilités différentes et complémentaires, sans avoir besoin de décider à l’avance lequel de nous deux fera quoi.
Cette manière de fonctionner nous permet surtout de rester attentifs à quelque chose qui compte énormément pour nous : que chacun puisse trouver sa place et vivre l’expérience à son rythme.
Confidentialité, consentement, liberté de dire non et respect des limites de chacun font partie de ce cadre.
Alors, qu’est-ce qu’une Neuro-Constellation familiale ?
Peut-être simplement un espace où l’on cesse, pendant un moment, de vouloir tout comprendre avec la tête.
Un espace où l’on regarde autrement ce qui se répète, où le corps peut lui aussi devenir un repère, où l’on peut être touché par sa propre constellation mais également, parfois, par celle d’un autre.
Un espace où un déplacement, un regard ou quelques mots peuvent suffire à faire apparaître une possibilité que l’on ne voyait plus.
Il n’y a rien à réussir.
Rien à croire.
Rien à forcer.
Seulement quelque chose à venir expérimenter.
Nous proposons nos Neuro-Constellations familiales et systémiques à Six-Fours-les-Plages, dans le Var, lors de week-ends et de stages en groupe.
Vous pouvez venir avec une demande précise, avec une simple curiosité, pour représenter… ou simplement pour découvrir.
Et laisser l’expérience vous montrer ce qu’elle a à vous dire.
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