Il arrive que nous comprenions très bien une difficulté avec notre tête, tout en ayant le sentiment de la revivre encore et encore. Une place que nous reprenons dans nos relations. Une culpabilité qui revient. Une réaction qui nous surprend par son intensité.
Dans les Neuro-Constell’ de JC & Nat, comprendre consiste à ouvrir un espace pour regarder ce qui se joue, accueillir ce que nous ressentons et distinguer ce que nous savons de ce que nous supposons.
Distinguer les faits, les ressentis et les interprétations
Une même situation peut être abordée de plusieurs façons : ce qui s’est passé, ce que nous en avons ressenti et le sens que nous lui avons donné.
Ces dimensions sont liées, mais elles ne sont pas interchangeables.
Se sentir coupable ne signifie pas nécessairement être responsable. Éprouver un sentiment d’abandon ne permet pas, à lui seul, de connaître les intentions d’une autre personne. Cela ne retire rien à la réalité ni à l’importance de ce que nous avons vécu intérieurement.
Nous accueillons le ressenti sans le transformer automatiquement en explication. Nous pouvons ainsi explorer une question : qu’est-ce que je sais, qu’est-ce que je ressens et qu’est-ce que j’en conclus ?
Regarder l’histoire familiale sans fabriquer une histoire
Notre histoire familiale peut nous laisser des habitudes, des façons d’entrer en relation, des attentes ou des récits que nous avons intégrés sans toujours les questionner.
Une constellation propose un espace pour explorer la manière dont nous vivons aujourd’hui ces liens et ces places.
Ce qui apparaît pendant ce travail — une sensation, une émotion, un mouvement, une image — ne constitue pas une preuve de ce qui s’est réellement passé dans une famille. Cela ne permet pas de découvrir avec certitude un secret, d’attribuer une intention ou de confirmer un événement inconnu.
Lorsqu’une information familiale peut être vérifiée, elle peut éclairer notre compréhension. Lorsque nous ne savons pas, nous gardons cette incertitude ouverte. Il n’est pas nécessaire de reconstituer toute son histoire familiale pour participer.
Donner aussi une place au corps
Comprendre ne passe pas uniquement par les mots.
Pendant une constellation, nous pouvons porter attention à une tension, à la respiration, à une envie de nous éloigner ou de nous rapprocher, ou simplement à la manière dont nous nous sentons à cet instant.
Ces sensations sont des points de départ pour l’exploration. Elles ne possèdent pas une signification unique que quelqu’un pourrait vous imposer.
Chez JC & Nat, nous accordons une place au ressenti corporel et à votre manière de vivre l’expérience. Nous vous invitons à observer ce qui se présente, sans rechercher une émotion particulière ni forcer une compréhension.
Comprendre à son rythme, dans un cadre sécurisant
Nous co-animons les Neuro-Constellations avec deux sensibilités complémentaires. Cette présence à deux nous permet de porter attention à la personne qui travaille, aux représentants et au groupe.
Vous pouvez demander à ralentir, poser une limite, dire non ou prendre du recul. Une émotion intense n’est pas un objectif à atteindre.
Nous nous appuyons notamment sur des repères issus de la théorie polyvagale pour guider notre attention au rythme et au sentiment de sécurité. Ces repères ne servent pas à établir un diagnostic ni à prouver une interprétation de votre histoire.
Neurosciences et histoire familiale : des pistes pour comprendre
Le cadre des Neuro-Constellations transmis par Éric Laudière et Adeline Roussel-Laudière met en relation l’approche systémique, le corps et différents modèles issus de la psychologie et des neurosciences. Sa présentation publique distingue les fondements théoriques de la méthode des hypothèses qui restent à explorer. [1]
Épigénétique : des effets possibles d’une génération à l’autre
Des recherches explorent la possibilité que les conséquences d’un traumatisme parental concernent aussi la génération suivante. Dans une étude publiée en 2016, Rachel Yehuda et ses collègues ont observé des différences de méthylation du gène FKBP5 chez un petit groupe de survivants de la Shoah et leurs enfants, comparés à des témoins. [2]
Ces résultats suggèrent des pistes biologiques pour étudier les effets intergénérationnels du stress. Cette étude observationnelle ne permet cependant pas, à elle seule, de déterminer les voies de transmission ni d’affirmer que des souvenirs précis seraient hérités. Elle n’étudie pas les constellations.
Neurones miroirs et résonance émotionnelle
Les recherches sur les mécanismes dits « miroirs » et sur l’empathie nourrissent la réflexion sur notre sensibilité à autrui. Une expérience d’imagerie cérébrale menée par Bruno Wicker et ses collègues a notamment observé des régions cérébrales communes lorsque des participants éprouvaient du dégoût et lorsqu’ils regardaient des visages exprimant cette émotion. [3]
Ces observations éclairent certains liens entre perception d’autrui et expérience émotionnelle. Leur rapprochement avec ce qui se vit dans un groupe de constellation reste une piste d’interprétation : cette expérience n’a pas étudié les représentants ni la possibilité de percevoir des événements familiaux inconnus.
Mémoires émotionnelles, corporelles et « cellulaires »
Dans le cadre d’accompagnement présenté par Éric Laudière, la mémoire implicite et les réactions corporelles occupent une place importante. [1] Une personne peut ainsi être invitée à observer ce qui se manifeste sans disposer immédiatement d’un récit ou de mots pour l’expliquer.
L’expression « mémoire cellulaire », parfois employée dans les approches d’accompagnement, demande davantage de précision. Nous ne l’utilisons pas ici pour affirmer que les cellules conserveraient une histoire ancestrale que la constellation pourrait restituer. Les marques épigénétiques étudiées en laboratoire et les sensations vécues pendant une séance ne sont pas des phénomènes interchangeables.
Respiration, attention et régulation : ce que les expérimentations explorent
La respiration guidée, la pleine conscience, l’imagerie mentale et les approches de régulation émotionnelle font partie des pistes évoquées dans ce dialogue entre corps et accompagnement. Chaque pratique possède toutefois ses propres protocoles et son propre niveau de recherche.
Une étude randomisée publiée en 2023 par Melis Yilmaz Balban et ses collègues a comparé plusieurs exercices respiratoires à une méditation de pleine conscience, cinq minutes par jour pendant un mois. Certains exercices, notamment ceux privilégiant l’expiration, ont obtenu de meilleurs résultats sur l’humeur positive et la fréquence respiratoire dans ce cadre expérimental. [4]
Cela donne des appuis pour réfléchir à la place de la respiration dans la régulation. Ce résultat ne démontre pas qu’un exercice permettrait de retrouver la vérité historique d’une famille.
La cohérence cardiaque et la stimulation vagale sont également des sujets à distinguer précisément : ces termes ne désignent pas une méthode unique et ne peuvent être utilisés comme synonymes de tout exercice d’apaisement. Pour nos accompagnements, nous privilégions une présentation concrète de ce qui est proposé, adaptée à la personne et à son consentement.
Comment articuler ressenti, compréhension et intégration ?
Le cheminement peut associer plusieurs temps, sans constituer un protocole rigide ni une enquête sur le passé :
Mettre une situation en représentation, pour explorer les places et les liens tels qu’ils se présentent dans l’expérience.
Observer les ressentis, avec curiosité, sans décider immédiatement de leur signification.
Ajuster le rythme, en permettant une pause, un retour aux appuis ou une attention à la respiration selon les besoins.
Distinguer les informations connues des hypothèses, et tenir compte d’éléments vérifiables lorsqu’ils sont disponibles. Une recherche documentaire ou un échange familial reste une démarche distincte et facultative ; il ne s’agit pas de chercher à confirmer une scène apparue en constellation.
Laisser du temps à l’intégration, pour observer ce que cette expérience change, ou ne change pas, dans la vie quotidienne.
Un exemple pour illustrer cette distinction
L’exemple qui suit est hypothétique ; il ne s’agit pas d’un témoignage ni d’un cas clinique documenté.
Une personne pourrait ressentir une culpabilité en lien avec un deuil familial, sans avoir eu de responsabilité dans l’événement. Le travail consisterait à accueillir cette culpabilité et à explorer le sens qu’elle lui donne. Des faits fiables, s’ils sont disponibles, pourraient aider à distinguer sa peine de sa responsabilité réelle. L’apaisement éventuel resterait propre à la personne ; il ne serait ni automatique ni garanti.
Retrouver une marge de choix et de résilience
Comprendre peut commencer par une nuance : reconnaître qu’un ressenti mérite d’être écouté, tout en laissant ouverte la question de son origine.
Cela peut aussi être observer une habitude relationnelle, questionner une place que l’on prend toujours ou envisager une autre manière de répondre à une situation.
Il ne s’agit pas de désigner un coupable, de devoir pardonner ou de se réconcilier à tout prix. Chacun reste libre de ses décisions, de ses relations et de la suite de son cheminement.
Reconnaître une histoire douloureuse peut aussi permettre d’interroger la relation que nous entretenons avec nos parents et nos ancêtres, sans devoir nous identifier à leur vécu. L’intention est de retrouver une marge de choix et de soutenir nos capacités d’adaptation, à partir de ce qui est possible aujourd’hui.
Nous proposons un espace d’exploration respectueux du rythme de chacun, sans promettre de résultat. Notre accompagnement est non médical et ne remplace pas un suivi médical ou psychothérapeutique lorsqu’il est nécessaire.
Vous souhaitez découvrir notre manière de travailler à Six-Fours-les-Plages, dans le Var ? Retrouvez les prochains week-ends et stages dans notre agenda.
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Références pour approfondir
Éric Laudière / ASIP — Comprendre les fondements de la Neuro-Constellation®. Présentation du cadre de la méthode ; ce n’est pas un essai clinique.
Yehuda, R. et al. (2016) — Holocaust Exposure Induced Intergenerational Effects on FKBP5 Methylation. Biological Psychiatry, 80(5), 372–380. Étude observationnelle sur des marqueurs épigénétiques, sans intervention de constellation.
Wicker, B. et al. (2003) — Both of Us Disgusted in My Insula: The Common Neural Basis of Seeing and Feeling Disgust. Neuron, 40(3), 655–664. Expérience d’imagerie sur le dégoût éprouvé et observé.
Balban, M. Y. et al. (2023) — Brief structured respiration practices enhance mood and reduce physiological arousal. Cell Reports Medicine, 4(1), 100895. Essai randomisé sur des exercices respiratoires et la méditation, sans intervention de constellation.
